A154, avec Jean Pierre GORGES nous pouvons tout craindre
25 mai 2012 | Par Laurent Bordeau classé dans RN154 / A154 | Aucun commentaire »
Monsieur GORGES, dans votre programme page 8, vous défendez, de nouveau, votre projet autoroutier que vous avez su imposer aux députés du département ainsi qu’au gouvernement FILLON. Bien entendu, votre argumentaire reste le même : La sécurité. Si la cause est noble, la solution est absurde. Le résultat : une facture salée de 800 millions d’€ alors même que l’accidentologie des autoroutes euréliennes (A 10, A 11) est plus importante que celle de la RN 154 qui, elle, régresse.
De plus, si l’autoroute était une solution à l’accidentologie, toutes les routes départementales devraient être au gabarit autoroutier !
Mais passons sur la démagogie et revenons au fond du sujet. Malgré le coût exorbitant de votre idée, vous nous assurez que cette autoroute sera gratuite pour les Euréliens.
Monsieur GORGES, sérieusement, vous ne pouvez pas d’un côté dire que les finances de l’Etat ne pourront payer une autoroute dont l’intervention nous garantirait une réelle gratuité et de l’autre assurer aux Euréliens que cette même autoroute, construite et gérée par une société privée, leur sera offerte !
En effet,depuis quand un concessionnaire sacrifie-t-il ses marges pour assurer la gratuité d’un équipement qu’il est censé financer et gérer ? Cela s’appellerait du bénévolat mais je doute que les actionnaires des sociétés autoroutières soient en phase avec cette belle et grande implication citoyenne. Leur intérêt n’est pas de faire un cadeau mais de réaliser des bénéfices. Chacun, je crois, peut le comprendre.
La société qui aura en charge ce nouvel équipement se fera donc payer soit, directement, par le péage, soit, indirectement, par les collectivités c’est à dire par l’impôt. Ainsi l’agglomération que vous présidez, DREUX AGGLOMERATION et le conseil général seront tenus de régler la note !
Si cela n’est pas le cas Monsieur GORGES, je vous invite à écrire noir sur blanc : « Non, CHARTRES METROPOLE, DREUX AGGLOMERATION, le Conseil Général d’Eure et Loir ne verseront pas un euro pour cet équipement » et d’adresser cette déclaration écrite au maître d’ouvrage afin qu’elle soit versée aux débats.
Notre association pense le contraire. AGIR UNIS pense que les habitants, les entreprises de ce département paieront un équipement dont l’utilité se résume à satisfaire le contournement de Chartres, comme vous l’indiquez vous même.
C’est pourquoi Monsieur GORGES, l’association AGIR UNIS vous propose de ne plus poursuivre dans cette direction qui mène à une impasse. En l’espèce, le préalable est de rompre avec les idées d’après guerre. Si la France s’est dotée d’un réseau autoroutier performant, vendu à vil prix au privé, l’avenir est, en ce qui concerne le transport routier, au ferroutage. Sur ce point, nous n’avançons pas la même solution. Une fois de plus, le passé et l’avenir se confrontent. C’est donc un virage à 180° qu’il s’agit de négocier.
De plus, dans votre hypothèse ce n’est même plus l’usager qui paierait alors que vous avez fait de cettre phrase votre adage. Tous les euréliens, qui utiliseront ou pas l’autoroute, règleront la note. Bref, ils paieront le plat du voisin. Un comble pour un candidat qui prône la responsabilité de chacun !
Bien entendu, il s’agit, là, de démontrer votre contradiction. Agir Unis défend l’idée que les transports doivent être accessibles au plus grand nombre et, en même temps, être respectueux de l’environnement. Cette équation, je le concède, est difficile à résoudre tant le défi est grand mais elle n’est pas non plus sans solution faut-il être dépositaire d’une volonté guidée par l’intérêt général. Il faut doter notre territoire d’outils performants qui se conjugent nécessairement avec le développement du service public, saccagé par une politique de libéralisation dont les usagers des RER par exemple, appelés désormais clients, peuvent témoigner. Dans le cas contraire, c’est l’avenir de l’Eure et Loir, comme celui de tout territoire confronté au même problème, qui se trouvera compromis à moyen terme.
Laurent Bordeau – Agir Unis





