
Association de St Prest Environnement Gasville Oisème
Pour la quatrième et dernière réunion publique, le salon Marceau a fait, hier soir, salle comble. Toutes les sensibilités y étaient représentées. Les « pour», les « contre », les « pour mais pas chez eux ». Bref, à la différence du débat public qui n’avait pas attiré les foules sur l’agglomération chartraine, nous pouvons dire qu’à regarder le nombre de personnes présentes, cette phase de concertation a été un franc succès. Le maître d’ouvrage et le représentant de l’état pourront donc s’en féliciter. Quant à nous, présents comme de bien entendu, nous pensons que l’objectif de la démocratie participative a été loin d’être atteint.
Effectivement, nous avons constaté que le maître d’ouvrage et les sociétés privées qui l’assistent ont, en menant une concertation au pas de charge, empêché les habitants des secteurs concernés de prendre véritablement la mesure des conséquences d’un éventuel passage autoroutier près de chez eux.
Si certains ont eu le temps de la réflexion et ont pu, hier soir, communiquer quelques observations, une majorité semble avoir été prise au dépourvu, faute, sans doute, de temps. Nous le comprenons aisément. Comment argumenter sur tel ou tel tracé sans avoir, en sa possession, des informations sur lesquelles s’appuyer pour exposer une opinion ?
De ce fait, bien qu’opposée à toute autoroute parce que nous pensons que l’alternative ferroviaire est l’une des solutions la plus viable au problème du transport routier, notre association considère que la durée de cette concertation d’à peine un mois (24 septembre au 19 octobre) a empêché l’expression de nombreux citoyens.
La prolonger serait utile et dissiperait tout malentendu à l’égard du maître d’ouvrage, d’autant que plusieurs personnes ont indiqué qu’elles n’avaient même pas reçu le document d’information de 6 pages adressé par voie postale. S’agit-il de cas isolés ? Il appartient au maître d’ouvrage ainsi qu’au garant d’y répondre.
Après la forme, examinons le fond et là nous ne pouvons que déplorer un sacré foutoire.
Dans cette véritable cacophonie, le représentant de l’Etat a bien tenté d’élever le débat en rappelant certaines vérités. Il a confirmé que le coût de la construction de l’autoroute dépasserait le milliard d’€, soit un coût de plus de 16 millions d’€/ km et a ajouté (est-ce une surprise ?) que l’autoroute sera payante.
Malheureusement et malgré la volonté de notre association ainsi que celle de Jouons Collectif d’aborder la question des voies de substitution et du report du trafic sur celles-ci, il n’a été communiqué aux habitants des communes concernées aucun élément sur ce sujet. Pourtant la question est cruciale car, comme vous le savez, le motif qui justifie l’autoroute est celui de la sécurité et que le report d’une partie du trafic de l’ex RN 154 sur les voies communales et les routes départementales entraînera de facto un accroissement du risque. De plus, qu’advient-il des habitants qui bénéficient ou bénéficieront d’une déviation ? Avec l’autoroute, ils seront de nouveaux exposés à la pollution, au bruit et, vous l’avez compris, à l’accidentologie et ce n’est pas la proposition du sous préfet qui, à cet instant, avait une petite faiblesse, de construire des ronds-points aux entrées et aux sorties de ces communes qui décourageront les camions de passer ! Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir la RN 154 et la rocade de Chartres !
Toujours sur le sujet de la sécurité, le sénateur Gérard Cornu a encore osé nous jeter à la figure l’argument de la sécurité. Dans toute sa démagogie, le maire de Fontenay-sur-Eure oublie que de 2007 à 2012, le nombre de décès a été plus élevé sur les autoroutes euréliennes que sur la RN 154.
A sa suite sont venus prêter mains fortes au projet de tous les excès Franck Masselus conseiller général, Christian Paul-Loubière – maire de Jouy, Jean-Marc Cavet – maire de St-Prest. Les heureux hommes n’avaient pas de mots assez doux pour louer les bienfaits d’une deux fois deux voies payantes sur le tracé Est rapproché et n’avaient pas de mots assez acide pour critiquer l’opposition. Les chiens de garde ont bien aboyé. Si le projet autoroutier n’est pas arrêté, nous pouvons dire que le tracé Est rapproché est entériné. Ils auront été certainement remerciés d’un su-sucre.
En définitive, retenons deux choses. La première est que ce semblant de démocratie participative, s’il satisfait aux textes, ne satisfait en rien aux objectifs de nouer avec la population un véritable débat constructif. Sans doute que ce processus, avant d’atteindre sa maturité, doit encore produire quelques effets et plus précisément celui de passer l’obstacle des « Elites » qui fort de leurs croyances et privilèges imposent leurs modèles. Souhaitons juste que ceci ne tarde pas trop. En ces temps incertains, la démocratie en a fort besoin. La seconde est qu’hier, il y avait une grande absente et nous employons le féminin tant ce genre était absent en cette soirée, il s’agit de l’environnement.
Alors que les sujets de l’énergie, du transport sont des thèmes majeurs pour l’avenir de l’humanité et de notre planète, nos décideurs ne prennent pas la mesure des conséquences de leurs choix fondés sur des modèles de développement obsolètes. Espérons qu’il y ait dans ce pays une révolution environnementale porteuse d’une véritable transition écologique. Mais allez donc faire comprendre ceci aux barbares.