Dans le cadre de la consultation publique du projet PN3bis, l’association AGIR UNIS vous communique sa contribution versée, ce jour mardi 3 mai, au débat et qui avait fait l’objet le 19 avril dernier de deux courriers : L’un adressé au Préfet de Région, l’autre adressé au Préfet d’Eure et Loir.
Objet : Projet d’aménagement du passage à niveau PN3 bis dans le cadre de l’ouverture de la ligne ferroviaire CHARTRES-ORLEANS
Monsieur le Préfet,
Dans le cadre de l’ouverture, en deux temps, de la ligne ferroviaire Chartres-Orléans, le passage à niveau (PN3 bis) situé près du rond point dit «d’Orléans» situé sur la rocade de Chartres doit être supprimé pour des motifs de sécurité. C’est donc pour répondre à cette exigence que la DREAL (Direction Régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement – service déconcentré de l’Etat) et le Réseau Ferré de France – R.F.F ont présenté une nouvelle copie après celle du bureau d’études Systra du 10 juillet 2009 qui avait, à l’époque, attiré les foudres du préfet d’Eure et Loir : Monsieur Jean Jacques BROT, du maire de la commune du COUDRAY : Monsieur Dominique SOULET et par ricochet du président du GRAND CHARTRES (ex. Chartres Métropole) et Député-maire de CHARTRES : Monsieur Jean Pierre GORGES.
Ce nouveau projet a donc été soumis dans un premier temps, le 28 mars, devant le conseil municipal de la commune du COUDRAY puis, dans un second temps, le 7 avril, au cours d’une réunion devant un parterre composé essentiellement d’élus.
Parce que ce projet d’aménagement impacte notamment la RN 154, AGIR UNIS apporte sa contribution au projet sus indiqué.
Avant tout, si plus d’un an s’est écoulé entre la première copie et celle de cette année, nous nous étonnons de leur similitude. La nouvelle mouture n’a de nouvelle que le nom car elle reprend en effet les idées maîtresses de la précédente qui repose sur trois caractéristiques :
. Rétablissement de la 2×2 voies,
. Construction d’un « pont-rail » : La RN 123 passera en dessous de la voie ferrée,
. Construction d’un nouveau rond-point situé au niveau des bretelles d’accès et de sortie de l’hôpital du COUDRAY et de la zone artisanale du Grand séminaire.
Il nous semble évident que les maîtres d’ouvrage offriront aux 34 824 véhicules/ jour (en 2009), un cadeau empoisonné qui se traduira par un nouveau « point noir » pour la circulation (I) et un nouveau « point rouge » pour la sécurité routière (II).
I / En effet, outre l’aspect « montagnes russes » de l’aménagement envisagé (pentes à 6%), tous s’accordent, en effet, à dire que la principale cause de la congestion sont les ronds points, saturés aux heures de pointe.
A ce titre, l’objectif de la rocade qui est de fluidifier le trafic, de baisser les temps de trajets domicile/ travail et de faciliter les transports de marchandises dans l’agglomération ne sera, d’une part, plus atteint et annulera, d’autre part, les bénéfices que pouvaient escompter les particuliers et les professionnels des évitements des ronds points situés aux intersections de la RD 921/ RN123 (direction Nogent le Rotrou) et de la RN 910/RN 123 (direction Châteaudun). Ceci est d’autant plus préoccupant que deux projets accentueront la densification de la circulation sur cette partie de la rocade.
. Le premier est celui du « POLE OUEST » de l’agglomération chartraine, avec notamment sa zone commerciale de 35 000 m² située à la hauteur du centre commercial de Géant de LUCE.
. Le second est celui de la Zone d’Activité (ZA) Claude Bernard du COUDRAY d’une surface de 22 000 m² situé à quelques mètres de la RN 123 et dont la première pierre a été posée le 29 novembre 2010 par le député-maire de CHARTRES et par le maire du COUDRAY, sus mentionnés.
A cette nouvelle congestion se grefferont les nuisances sonores et la pollution atmosphérique. Cet ensemble de détériorations qui est, pour toutes les agglomérations, le défi majeur à relever est, à cause des maîtres d’ouvrages, conforté pour ne pas dire augmenté. Ceci va, en plus, à contre courant de l’un des objectifs du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de l’agglomération Chartraine, qui est de : « …Face à la congestion, à la pollution et aux nuisances sonores, de nouvelles solutions doivent être envisagées pour mieux répondre aux besoins actuels et nouveaux : plus de rapidité, d’efficacité, de sûreté, de propreté.. ».
Ce projet d’aménagement du PN3 bis ajoutera un énième nœud à une corde trop courte pour satisfaire aux exigences de bien être et de développement économique de notre bassin de vie. En effet, la rocade actuelle, parce qu’elle est incomplète dans sa partie Est, accentuera la pression sur les boulevards et multipliera les itinéraires dits de cabotage entre différents secteurs de l’agglomération (Le COUDRAY, LUCE, MAINVILLIERS, CHARTRES) d’où notre préoccupation.
De plus, la pente ou descente de 6% sus indiquée ne représente-t-elle pas un risque pour la sécurité routière ? Et qu’en cas d’accidents, la responsabilité des maîtres d’ouvrage ne serait-elle pas engagée par d’éventuels recours ? La justification du moindre coût doit-elle les contraindre à courir de tels risques ?
II / L’un et l’autre ne peuvent ignorer que la distance (d) et la pente (p) sont une combinaison détonante pour les camions et leurs conducteurs ou les autocars et leurs passagers et la sécurité routière en générale. Ainsi une note d’information, de plus 14 ans, du SETRA-CSTR (Service d’Etudes Techniques des Routes et Autoroutes) (Centre de la Sécurité et des Techniques Routières) indique clairement que si la distance est supérieure à 130 mètres et que la pente est, a fortiori, de 6%, soit le maximum autorisé, le risque d’accident devient important : d p>130m
Ce risque le sera d’autant plus que les freins des tracteurs et de leurs remorques auront déjà été sollicités lors des arrêts ou ralentissements effectués aux précédents ronds points et, dans le sens Ouest-Est, lors de la descente, amorcée dès la hauteur de l’Hôpital du COUDRAY. Certains systèmes de freinage pourraient ne pas retrouver toute leur efficacité en raison de leur spécificité et de leur mode d’utilisation, sans compter les paramètres liés aux intempéries, à la chaussée, à la répartition des charges, à la signalisation, à la visibilité et au facteur humain (fatigue, concentration…).
Nul doute que si la mission confiée à la DREAL et à R.F.F est exclusivement d’aménager le passage à niveau PN3 bis, elle ne doit pas occulter le confort et la sécurité des usagers. La réponse de Monsieur de SORAS, reprise par la presse et que nous vous reproduisons : « notre objectif est de supprimer le PN3 et non de résoudre le problème de circulation, ça c’est le devoir d’un autre chantier » est loin de nous rassurer.
Les propos de Monsieur de SORAS sous entendent que le problème de la circulation serait résolu par la mise en concession autoroutière de la RN 154. Celle-ci, comme nous l’avons à maintes fois indiqué, n’apportera aucune solution au contournement de l’agglomération Chartraine dont le trafic est à 65% urbain ou interne (30% trafic d’échange et seulement 5% trafic de transit) (*chiffres tirés du Contrat d’agglomération avec la Région Centre, District de Chartres – Juin 1999). Il est donc incompréhensible que soit avancée l’idée qu’une autoroute, avec un coût d’au moins 800 millions d’€, résolve une problématique exclusivement locale, sans oublier, faut-il encore le rappeler, que le maître d’ouvrage parle de déviation de Chartres et non de contournement.
Nous comprenons qu’il existe des intérêts qui s’opposent et que certains, inquiets en 2009, paraissent, aujourd’hui, rassurés sur la situation du bassin de rétention situé a quelques mètres de la RN 123 (rocade) et du futur rond point. Si, un risque de débordement était, hier, avancé, il semble désormais écarter.
Nous comprenons également qu’il est ardu de concilier, sur une surface aussi restreinte, la construction d’une future zone d’activité, l’aménagement d’un passage à niveau, considéré comme l’un des plus complexes de France et, celui d’une rocade dont le trafic, même s’il se stabilise, reste dense.
Nous sollicitons de l’état plus de raison et vous demandons de revoir ce projet afin de sauvegarder la sécurité ainsi que l’efficacité d’une rocade qui, faute d’aménagement, deviendra non plus un service à la fluidité mais une entrave à la libre circulation.
Ce projet avait un coût initial d’environ 25 millions d’Euros. Il a été ramené à un peu plus de 15 millions d’Euros. Dans le même temps, le projet autoroutier de la RN 154 a augmenté de 100 millions d’Euros et ce en quelques semaines, entre la première réunion du comité de suivi et la communication du Schéma National des Infrastructures de Transport. Nous pensons qu’il est temps que la gestion en « bon père de famille » et la défense de l’intérêt général reprennent la main sur la politique du coup par coup qui, parce qu’elle parcellise les projets, ne les appréhende pas dans leur ensemble et leur interdépendance.
A l’instar de l’aménagement autoroutier de la RN 154, AGIR UNIS considère qu’il existe pour le projet d’aménagement du PN3 bis des solutions alternatives qui concilieraient la libre circulation des marchandises et des personnes, le développement ferroviaire et la multiplication de pistes cyclables.
En gardant le principe d’un pont-rails pour le PN3 bis, ne serait-il pas préférable de supprimer le rond-point dit d’Orléans et de le remplacer par un pont permettant la circulation entre la RN 154 et l’avenue d’Orléans en aménageant de part et d’autres des sorties / entrées permettant la liaison avec la rocade qui passerait alors en dessous. Le tout pourrait être géré par des feux tricolores et/ ou des voies d’évitements permettant l’accès directe à la rocade. Ce pont ne pourrait-il pas prévoir des voies ouvertes aux piétons et aux cycles afin de créer une voie « verte » en direction de GELLAINVILLE et pourquoi pas, à partir de cette « porte », imaginer, pour le GRAND CHARTRES, le développement de nouvelles voies pédestres et cyclables.
Ces suggestions devraient prendre en compte l’aménagement éventuel du pont autoroutier de l’A11 ainsi que la suppression de l’entrée de la zone d’activité Claude Bernard qui pourrait se faire via les sorties/ entrées qui existent à hauteur de la RD 29 (Rue de Voves).
Ces propositions doivent être appréhendées sous l’angle de l’investissement car nous ne pouvons nous priver de cette opportunité de développement qui s’inscrit dans la durée et dans l’esprit du grenelle de l’environnement.
Veuillez croire, Monsieur le Préfet, à l’assurance de nos salutations distinguées.
Pour Agir Unis : Laurent BORDEAU - Président