Si le projet autoroutier est sur les rails depuis la décision du ministre BORLOO du 25 juin 2010, beaucoup trop d’habitants ne sont pas au fait du risque du passage de l’autoroute près de chez eux. Les dires du maître d’ouvrage sur les moyens déployés à ce propos ne changent rien aux faits.
Au regard de l’inquiétude grandissante de ces populations, notre association compte dresser pour certaines communes affectées par le « tracé Est rapproché », un tableau des impacts de l’infrastructure envisagée et ce, dans la mesure de ses capacités et de ses moyens.
Le fait que notre travail se cantonne au seul « tracé Est rapproché » tient au fait que nous considérons que même si plusieurs options sont proposées pour le contournement de l’agglomération Chartraine, nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une stratégie pour satisfaire aux seules exigences de la loi et que les jeux, quant au choix définitif, sont, depuis longtemps, faits. Pour preuve, les décisions du SCOT, du conseil communautaire de Chartres Métropole, du conseil général d’Eure-et-Loir.
La première commune traitée est celle de SOURS pour laquelle ses représentants au conseil communautaire de CHARTRES METROPOLE, Messieurs Claude Joseph et Philippe Pelard ont été les seuls à s’abstenir lors du vote du 22 octobre dernier relatif au choix du tracé autoroutier. Il est à noter que deux options de tracé proposées, impactent le territoire de Sours.
Si notre travail peut les convaincre du mal fondé d’un tel projet, nous aurons alors accompli notre mission. Tout autant, nous espérons convaincre les habitants du bien fondé de notre action.
Commune d’environ 1 900 habitants, Sours est situé au Sud-Est de la ville de Chartres. Traversée par un affluent de l’Eure d’environ 16 km, dénommé la Roguenette qui rejoint l’Eure à St-Prest et passant, notamment, par Gasville-Oisème, autres communes touchées par ce projet, la commune de Sours est un ilot au milieu des Champs Beaucerons (90% de son territoire qui compte 3 315 ha sont, en effet, composés de terres agricoles).
Distante de la ville préfecture d’environ 10 km avec laquelle elle est reliée par la route départementale 939, la commune de Sours peut être qualifiée de village paisible, accessible et situé à moins d’une heure de Paris. L’utile rejoint, ici, l’agréable.
Deux options de tracé affectent Sours :
. L’une passe à l’Ouest. Elle correspond au « Tracé Est rapproché »
. L’autre passe à l’Est. Elle correspond au « Tracé Est éloigné ».
Quelque soit le choix qui sera arrêté, Sours connaîtra, dans quelques années, un changement radical.
Nous avons voulu, tout d’abord, recenser les éléments qui caractérisent ce territoire. Vous lirez que celui-ci, à l’image de la France, est riche et mérite que l’on s’y attarde avant que les pelleteuses et le bitume ne condamnent à jamais des dizaines pour ne pas dire des centaines d’hectares de terres cultivables, des kilomètres de chemins de randonnée qui font, les unes et les autres, le plaisir de randonneurs, de cyclistes, de coureurs ou d’autres amoureux de la nature.
« Option Est éloigné » passant à l’Est de Sours : Notre association a recensé :
. Zones habitées :
Les Hameaux de Génerville et de Chandres situées au Nord-Est,
. Zones boisées :
Bois de Godelot (axe de la RD 136.2), bois situés aux lieux dits Les Sablons, Les Trembles (entre Génerville et Chandres), le Buisson Tourne-Fusée avec son lac,
. Sites historiques :
La Commanderie, haut lieu de l’ordre des Templiers,
La Chapelle Saint-Jean-Baptiste à Génerville, élevé à l’origine sur un site antique de la période romaine,
Le Chemin de St Mathurin (ancienne voie romaine),
Le Château de L’Aval situé au Nord-Est de la commune de Sours (affecté tant par le Tracé Est approché que par le Tracé Est éloigné).
Notons qu’au sud de Génerville le territoire de Sours comptait, au XVIIIème siècle, trois moulins à vents, aujourd’hui, disparus.
. Un château d’eau : RD 28 « Le Moulin » (reliant Sours à Génerville),
. Une station de pompage : D 136.2 – rue Parmentier,
. Rivière, cours d’eau : « La Roguenette » sus indiquée dont les crues peuvent être importantes et qui permet à plusieurs espèces animales de venir s’abreuver, le Ruisseau de Génerville.
« Option Est rapproché » passant à l’Ouest de Sours : Notre association a recensé :
. Zones habitées :
Les hameaux de La Saussaye et de Brétigny,
. Zones boisées :
Les bois aux Mouches, d’Albert, d’Arrêt, Parisien qui longent la RN 154, bois des Grands Près, Bois de Fonteny, Bois de la Garenne (au sud du hameau de Brétigny),
. Site historique :
Monument du traité de Brétigny – intersection de la D 939 et de la rue du Traité au sud de Brétigny
. Deux stations de pompages situés au sein du Hameau de Brétigny et près du Lycée agricole sus indiqué,
. Une station d’épuration située au nord du Lycée agricole,
. Lycée agricole du même nom,
Ce travail de recensement serait incomplet si nous ne précisions pas que le territoire de Sours compte plus de 30 entreprises et une vingtaine d’associations.
Pour les sociétés, il s’agit essentiellement de PME/TPE. Nous pouvons citer la microbrasserie de Chandres qui commercialise notamment l’Eurélienne, l’Intermarché crée il n’y a que quelques années, une entreprise de bâtiments et de travaux publics (SOGEA), les industries SARL Biezanek Noyautage et SETAP COLOR’S ainsi que des entreprises de maçonnerie, des artisans (ébéniste, coiffeurs/ esthétiques), des commerçants….
Quant aux associations, ancrées dans la vie de leur commune, elles participent sans conteste à la vie du territoire et à son dynamisme.
L’arrivée d’une autoroute sera pour ce milieu et ses acteurs une catastrophe. Ainsi :
Sur le plan agricole :
L’autoroute aura un impact considérable. Entre 10 et 12 ha de terres agricoles seront, par kilomètres, anéanties. Ajoutons-y les ouvrages d’arts nécessaires à la circulation de la population, le réaménagement de certaines voies et nous avons, là, tous les signes d’une « bitumisation» d’un cadre de vie.
Si certains y voient un avantage notamment en ce qui concerne le remembrement des terres agricoles que proposent ces mêmes personnes en ce qui concerne les liaisons Est / Ouest ? Le passage d’une autoroute traversant tout un territoire ne sera-t-il pas synonyme d’une fracture territoriale ? Quels aménagements envisagent-elles pour résoudre ce point ?
De plus, s’agissant de l’irrigation, les infrastructures ne devront-elles pas être réaménagées ? Qui paiera ? A quelle hauteur ? Nous doutons qu’elles soient prises dans leur intégralité en charge par le Maître d’ouvrage.
Sur l’environnement des habitants :
L’autoroute influencera les prix de l’immobilier. Nul doute que la tendance sera à la baisse. Qui peut raisonnablement rêver d’habiter près d’une autoroute ? Quant à la santé, nous savons maintenant que les particules recrachées par les véhicules sont, pour la santé humaine, synonyme de troubles lourds. Là aussi le silence est d’or et le maître d’ouvrage se garde bien de communiquer sur ces risques.
Sur le plan hydrologique :
L’autoroute polluera les ressources en eau. De façon générale, la vulnérabilité des eaux souterraines est, sur ce secteur, très forte. A ce titre, le maître d’ouvrage reconnaît même l’existence de plusieurs périmètres de protections rapprochés et éloignés.
Toutes et tous, nous savons que l’eau est une ressource rare, nous savons également que la géologie spécifique du terrain fragilise cette ressource vitale. Quels seront les impacts d’une autoroute sur cet élément ? Quels seront les aménagements pour y pallier ?
Sur le plan économique :
L’autoroute étouffera la vie économique. Quelle sera l’incidence de cet aménagement sur la vie économique de ce bassin de vie ? En exemple, nous pouvons citer l’image de « l’Eurélienne », produit d’un terroir. Avec l’autoroute celle-ci ne sera-t-elle pas affectée ?
Quid des entreprises, des artisans, des commerçants ? Ont-ils correctement été informés ? Voir entendus ? Ont-ils des exigences particulières pour assurer la pérennisation de leur activité ?
A l’ensemble de ces questions et au regard de l’inquiétude des Sourséens et Sourséennes, nous pouvons sans trop nous tromper dire que beaucoup trop de pans de l’aménagement autoroutier, de ses implications financières sont inconnus de la population et du conseil municipal. Pourtant, le maire de Sours dans son éditorial du 16 avril 2010 paru dans le Bulletin Municipal d’Information « Sours l’Epi Beauceron » avait, il y a plus deux ans, conscience des enjeux. Je cite :
« Dans un cadre plus général, toujours en rapport avec la sécurité, se pose la question relative à la RN154. À l’heure actuelle la Commission particulière de débat public a terminé des consultations et se livre à des travaux de synthèse. Rien n’est décidé tous sont d’accord pour améliorer l’existant mais comment et de quelle manière ? Solution en 2 fois 2 voies financée avec des fonds publics ou solution autoroutière en partie payante ? Les divergences subsistent. Il faut être conscient que la décision finale sera prise par le Ministère de l’équipement au nom de l’intérêt national, la commission ayant un rôle consultatif. La sécurité ne sera pas le seul critère retenu pour le choix final. Il est certain que le contournement Est de Chartres est plus que nécessaire et que Sours est directement concerné car le tracé entre Brétigny et La Saussaye semble toujours de mise. Souhaitons que la réalisation de cet axe nouveau soit rapide, la RN 154 reste une route dangereuse que certains hésitent à franchir ou à emprunter… »
Alors que Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la commune de Sours est en cours d’élaboration, qu’un projet de construction d’une école maternelle, d’une restauration scolaire et d’un centre de Loisirs sans hébergement est également sur les voies de la réalisation, Sours est au croisement des chemins.
Il lui appartient de se mobiliser pour que la direction empruntée soit tout sauf celui d’un bassin de vie défiguré par le passage d’une autoroute. Pour ce faire, notre association se tient à la disposition de celles et ceux qui pensent, comme nous, qu’il est nécessaire d’aménager le tronçon sud en 2×2 voies sur fonds publics, d’aménager le carrefour de Berchères-les-Pierres, de travailler au contournement de la commune de Gellainville à l’instar des communes d’Ymonville, de Prunay-Le-Gillon et d’Allonnes.
Nous ne pensons pas que c’est à l’usager de payer pour une structure qu’il a déjà payé pour partie et qu’il repairera une seconde fois en tant qu’usager et contribuable et ce, pour la joie du concessionnaire Vinci ou autres.
Pour Agir Unis Laurent Bordeau