RN 154/ RN 12 : Chartres Métropole valide le tracé Est rapproché
23 octobre 2012 | Par Laurent Bordeau classé dans RN154 / A154 | 2 commentaires »
Lundi 22 octobre, le conseil communautaire de l’agglomération chartraine devait se prononcer sur une motion relative à la mise en concession autoroutière de la RN 154/ RN 12. Votée, cette motion, d’environ 4 lignes, a entériné l’idée d’une « politique tarifaire adaptée aux usagers locaux », d’une part et le contournement de l’agglomération chartraine par l’Est, d’autre part. Outre le fait, qu’aujourd’hui, l’utopie d’une autoroute gratuite s’éloigne des esprits de certains de nos élus, assez naïfs pour croire que « société autoroutière » et solidarité pouvaient se concilier, une majorité s’est dégagée pour sacrifier le Gorget, St-Prest, Gasville-Oisème, Champhol.
Nous pourrions nous étendre sur la vindicte qui s’est abattue sur le maire de Champhol, nous pourrions aussi souligner l’honnêteté des maires de St-Prest et de Gasville Oisème qui ont respecté les décisions de leurs conseils municipaux, nous pourrions, tout également, philosopher sur la position incompréhensible des représentants de la commune de LEVES ou, sur le revirement, selon M. GORGES, du président de la Région Centre qui soutiendrait désormais ce projet mais nous avons choisi une autre voie celle de se démarquer de ces débats stériles et ne s’attacher qu’à l’avenir de notre département même s’il faut bien admettre que ces élus nous gouvernent !
L’équation à laquelle doit répondre l’agglomération chartraine est celle de son contournement. Dans un premier temps, nous pouvons, toutes et tous, nous accorder sur le fait que la rocade actuelle ne répond plus à son objectif intiale qui était de soulager l’agglomération d’une partie de son trafic local et d’une grande partie du trafic de transit. Trop courte pour certains, trop de ronds points pour d’autres, la rocade, si rien n’est fait, se transformera en boulevard. Le coche a été, sans conteste, râté. Il nous faut donc aller de l’avant faut-il, juste, ne pas retomber dans les travers qui ont conduits ce bassin de vie vers une impasse. En optant pour une autoroute, Chartres Métropole semble, pourtant, suivre le même chemin. Cette infrastructure n’est-elle pas disproportionnée au regard de l’objectif affiché ?
Une autoroute, vous en conviendrez, ce n’est pas rien. C’est 10 à 12 hectares de terres cultivables qui disparaissent par kilomètre, c’est un coût par kilomètre de 13 à 16 millions d’€, c’est une dépense importante pour les usagers, une contrainte budgétaire pour les collectivités locales et territoriales, des zones d’activités et d’habitations qui ne seront plus irriguées, une pollution accrue. Bref, envisager une autoroute qui traversera tout un département pour ne répondre qu’à la problématique chartaine est, vous l’avouerez, incongru d’autant plus que se posera, inévitablement, la question du coût lié au réseau Félibus lorsque celui-ci empruntera l’axe payant. L’agglomération chartraine ne sera-t-elle pas alors amener à augmenter le taux du Versement Transport (VT) assis sur la masse salariale des entreprises de plus de 9 salariés ?
Malheureusement, aucune réponse sur ces points n’a été communiquée lors de ce conseil et nous ne pouvons que regretter ce manque flagrant d’anticipation.
Pour améliorer la circulation de notre agglomération tout en s’attirant les faveurs des entreprises, Chartres métropole a une autre carte à jouer. C’est celle des équipements publics et des services publics. Densifier le transport collectif, créer un tram-train voilà des objectifs qui vont dans le bon sens. De ce fait, nous espérons que le Plan de Déplacements Urbains, en cours de finalisation, sera, à ce titre, pertinent et ambitieux et que le noeud altermodal souhaité soit à la hauteur. Mais ces projets, s’ils sont envisagés, pourront-ils exister ?
Nous craignons, qu’en l’espèce, l’autoroute d’un montant d’un milliard d’€ n’engloutisse une part non négligeable du budget de l’agglo et ne ralentisse le développement du transport collectif.
Celui-ci doit à la fois être financé et offrir des tarifs attractifs à la population. Faute de quoi, il ne pourra concurrencer l’automobile.
Un péage urbain adapté aurait pu solutionner la congestion urbaine mais, pour l’heure, il n’est réservé qu’aux communes de plus de 300 000 habitants. Sans doute faudra-t-il attendre l’émergence d’une nouvelle génération d’élus capables de prendre des décisions courageuses, en rupture avec le passé, pour donner à l’Eure et Loir une réelle attractivité.











